Vendredi 14 janvier 2022

Lire en ligne

C'est la vie !

Bonjour à toutes et à tous,

Cette semaine, nos deux portraits présentent des citoyens amoureux d'aventure et de nature, prêts à se battre pour préserver leur mode de vie.


Le premier concerne un couple installé dans un habitat « alternatif » dans la baie du Mont-Saint-Michel. L'autre raconte le tour de France d'un homme parti ramasser des déchets avec un âne.


Egalement au sommaire de ce nouveau numéro de "C'est la vie !", la vie de l'un des rares rescapés de la rafle du Vél d'hiv, le projet fou de rejoindre le Japon à vélo depuis la France et le difficile art de la production de Safran, l'épice la plus chère du monde !


Bonne lecture !

Florent Servia

Journaliste Actu

C'est leur histoire

Cette famille vit dans une cabane en zone protégée, les autorités veulent la faire partir

« On est des pionniers de l'habitat de demain », se persuadent Olivier, 39 ans et Livia, 37 ans. Ils vivent depuis 2017 dans un habitat léger de 35m2, sur une colline de la baie du Mont-Saint-Michel. Monté en 15 jours, le chalet est entouré de 3 hectares de nature. Le couple essaye d'y vivre en autonomie, par la permaculture et recours à l'énergie solaire.


Olivier et Livia récupèrent l'eau de pluie, chauffent à l'aide d'un poêle à bois et ont l'électricité grâce à deux panneaux solaires. Il fait plus de 20 degrés dans leur cabane. Une grande baie vitrée leur permet même de profiter de la chaleur du soleil. Elle offre une vue imprenable sur le jardin et les animaux qui le traversent de temps en temps. Pour eux, « c'est une sorte de paradis ». Olivier ne le « changerai[t] pour rien au monde ».


« Des gens ne reviendront jamais à ça, car ils ont souffert. Nous, on a découvert ce mode de vie là, alternatif et respectueux de l'environnement. Et on a compris qu'on pouvait être heureux avec peu de choses », raconte Olivier. Les autorités, elles, ne sont pas de cet avis : le couple ne possède pas de permis de construire pour le chalet.

On est des milliers à vivre cachés parce que la législation nous met dans l’illégalité.

« On ne peut pas construire n'importe où », s'insurge le maire de Roz-sur-Couesnon. Le terrain sur lequel vivent Olivier et Livia est une zone naturelle protégée par le Plan local d'urbanisme (PLU).


La première remontrance a été envoyée dès 2017. Puis, la gendarmerie leur a rendu visite en 2019. En juin 2021, l'affaire est classée sans suite : Olivier et Livia ont six mois pour démonter leur chalet. Ce qu'ils refusent de faire.


Posé à même le granit, sans béton, sable ni autre fondation au sol, le petit chalet du couple n'entre pas dans les cases de l'administration. « Aucune loi n'existe pour encadrer des habitats comme le nôtre. Il n'existe pas de permis de construire pour habitat léger », relève Olivier.


A l'argument de la protection de la biodiversité, l'habitant oppose que leur logement est « sans aucun impact environnemental » grâce à leur vie en autogestion. Il compte faire venir une association pour le prouver. Mais quelle valeur un tel diagnostic aux yeux de la justice, en l'absence d'un permis de construire ? La décision repose désormais entre les mains du préfet d'Ille-et-Vilaine.

Découvrez leur histoire

Appel à témoignages

Vous connaissez des gens aux destins extraordinaires ? Contactez-nous !

Les p'tits bonheurs

Chaque semaine, partagez-nous vos petits plaisirs de la vie.


Marie :  « L'odeur de la pluie sur le béton chaud »


Julie : « Rentrer chez moi avec des sacs de fringues. »


Balthazar : « Retrouver mon chien derrière la porte quand je rentre ! »

On vous a transféré cette newsletter ?

Inscrivez-vous dès maintenant

Mais aussi

Avec son âne Honoré, Stéphane fait un tour de France à pied pour ramasser les déchets

Ça a commencé par une recherche d'emploi. Stéphane, ancien agriculteur bio de 48 ans, arpente l'Auvergne en quête d'une ferme à reprendre. Des déboires avec son associée ont forcé l'éleveur de chère et fromager à cesser sa propre exploitation. Comme les offres sont trop rares, il décide de provoquer la chance. Qui sait, le lieu idéal se trouve peut-être au détour d'un sentier.


Changement de plan. L'agriculteur prend alors l'habitude de ramasser les déchets rencontrés en chemin. Mais leur nombre complique ses bonnes intentions. Il décide de dégotter un âne pour l'épauler et transforme sa recherche de ferme auvergnate en tour de France de ramassage de déchets.


Stéphane rencontre Honoré lors de sa formation d'ânier, près de chez lui, dans l'Allier. L'animal est « bien dans sa tête et prêt à faire de grandes randonnées », raconte-t-il à Liberté Caen. Ils partent pour un périple de 18 mois avec l'objectif d'éveiller les consciences. La ferme attendra.


De rudes conditions. En sept mois, les deux compères ont traversé la Haute-Vienne, la Charente, la Charente-Maritime, la Manche, la Bretagne et la Normandie à raison de 20 kilomètres quotidiens. Chaque jour, ils portent à deux 40 litres de déchets. La charge est lourde. Mais Stéphane ne demande rien de plus pour se reposer qu'un lieu de bivouac calme, composé d'un peu herbe pour Honoré et d'un point d'eau.


Dans dix mois, « avant l'hiver », si tout va bien, Stéphane retrouvera ses montagnes de l'Allier. Il aura publié des vidéos à usage pédagogique, assuré les soins vétérinaires de l'âne et renouvelé son maigre matériel (effets personnels et outils de nettoyage) grâce à une cagnotte en ligne. A moins qu'il ne s'arrête dans une ferme trouvée en chemin ?

Découvrez son histoire

Brèves de vie

 🎥 Devoir de mémoire. Joseph Weismann est l'un des rares rescapés de la rafle du Vél d'hiv. A ce titre, encouragé par Simone Veil, il a régulièrement témoigné dans les collèges et publié le livre autobiographique Après la rafle, en 2011, un an après la parution de La rafle, un film inspiré de son histoire. 80 ans après les faits, sa vie n'a pas fini d'être racontée : une bande dessinée adaptée de son livre sort à la fin du mois, rapporte Actu Le Mans.


🚵 Pédaler jusqu'au Japon. Enzo, 23 ans, ancien cycliste de haut niveau formé au club de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) veut rallier Tokyo à vélo en traversant 25 pays sur 35 000 km. Pendant 18 mois, son ami Erwann et lui prévoient de parcourir entre 80 et 100 km par jour avec un vélo chargé de 30 kilos, a-t-il expliqué au Pays Briard.


💎 L'épice la plus chère du monde. Céline et sa famille ont repris une ferme en friche à Lanvellec, dans les Côtes-d'Armor. Elle y cultive le safran, qui pousse très bien en Bretagne, mais dont la production demande rigueur et minutie. La fleur ne vit qu'une seule journée, se récolte matin et soir. Il en faut 200 à 300 pour obtenir un gramme d'épice, raconte la productrice au Trégor.

Partagez cette newsletter !


            

  Toute l'actu de vos régions

  Découvrir nos autres newsletters

  Créez votre fil d'actualité locale

Pas encore abonné ? Je m’inscris à cette newsletter

Je ne souhaite plus recevoir cette newsletter